Réseau naissance allaitement en Ardèche

Le projet de naissance



En résumé : en dehors des droits que l'on peut mettre en avant, le projet de naissance est personnel et négociable. Ce n'est pas un contrat en soi mais il peut le devenir in fine. Il peut être travaillé de manière écrite ou négocié oralement au moment d'accoucher. Il n'y a pas de solution toute faite et c'est à chaque personne de voir selon ses propres attentes et l'équipe de professionnels.
Il n'est pas possible de le copier sur Internet, l'envoyer par poste au gynécologue et lui demander de signer ! C'est une réflexion personnelle qui peut être écrite et insérée dans le dossier médical. Il est important de réfléchir aux termes employés : " Je souhaiterais ne pas avoir d'épisiotomie " ou : " Je refuse l'épisiotomie " ne donnent pas la même chose… Il y a une grande différence entre être informé (deux parties) et s'approprier le projet de naissance (être dans l'action plus que la réaction). En cela, le dialogue est nécessaire dans les deux sens. Il peut être utile d'étoffer le projet de ressources juridiques, scientifiques, politiques ou associatives. Pour le travailler, connaître l'organisation sanitaire en France, le fonctionnement médical, les filières de soins… vous pouvez vous faire aider par des accompagnants non médicaux à la naissance (accompagnants à la naissance, doulas, consultantes en périnatalité…) : vous trouverez un répertoire sur le site www.doulas.info.
Mieux définir ce que l'on veut et savoir à qui l'on s'adresse permettra de mieux communiquer, professionnels et parents trouveront plus de satisfaction. Le projet de naissance peut être un outil à l'avenir… En conclusion, cette démarche d'appropriation de la naissance par les parents, déroutante mais novatrice, vaut la peine. Tout le monde est gagnant : il y a moins de culpabilité post-partum, moins de constructions psychologiques sur des regrets… quand les acteurs se sentent responsables et décisionnaires, quand la relation patient médecin n'est pas hiérarchique mais au contraire " non violente " et " globale ".
Les protocoles médicaux sont une série d'actes (gestes et soins) mis en place sous un prétexte de sécurité. Leur aspect systématique est de plus en plus dénoncé par les professionnels eux-mêmes… . Vous êtes libres de les accepter ou non. Comment parler de " naissance naturelle " ? Même si la naissance a bien lieu par voie basse selon le terme consacré, dans certaines maternités, on surveille par monitoring plusieurs femmes qui accouchent en même temps sur des écrans centralisés, les épisiotomies et péridurales sont systématiques, le manque de personnel et l'organisation ne permettant pas de proposer autre chose… Il n'est plus question de naissance artisanale ou respectée. La femme doit se conformer au fonctionnement d'un service. Actuellement, un groupe de travail du Ciane (Collectif interassociatif autour de la naissance, www.ciane.info) travaille à un " label " pour faire reconnaître une " autre naissance ". A quand la " naissance bio " ?
Les droits du patient l'article L 1111-4 du Code de la santé publique précise l'autonomie du patient devant un acte médical : " Toute personne prend, avec le professionnel de santé et compte tenu des informations et des préconisations qu'il lui fournit, les décisions concernant sa santé. Le médecin doit respecter la volonté de la personne après l'avoir informée des conséquences de ses choix. Si la volonté de la personne de refuser ou d'interrompre un traitement met sa vie en danger, le médecin doit tout mettre en œuvre pour la convaincre d'accepter les soins indispensables. Aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne et ce consentement peut être retiré à tout moment ".
En pratique, on se rend compte que l'information donnée aux femmes enceintes par rapport aux protocoles (que nous venons de voir) est dérisoire. Quelle femme est réellement informée, et dans quelle proportion, sur les conséquences de la position allongée, sur la péridurale, sur l'épisiotomie, sur la perfusion, etc. ?
Le contrat de soins s'il a accepté de soigner une personne, le médecin est lié au malade par son engagement. C'est ce qu'on appelle, en matière de responsabilité civile, le " contrat de soins ". L'engagement du médecin consiste à donner des soins " conformes aux données acquises (ou actuelles) de la science ". Cette théorie du " contrat de soins ", généralement admise en France, exprime l'entente tacite qui s'établit entre le malade qui se confie et le médecin qui s'engage.
Pour clarifier le contenu du contrat de soins spécifiques que constitue l'assistance au cours de l'accouchement, mais également pour prévenir des contentieux, il paraît indispensable de s'orienter vers des engagements écrits, librement négociés. En cela, le projet de naissance, recommandé par l'OMS, devrait se tailler une place de choix en France, comme au Royaume-Uni (birth plan) où il est très répandu depuis 1993. Le projet de naissance permet aux parents d'exposer leurs désirs, sous réserve que l'accouchement demeure non-pathologique. Ces souhaits peuvent concerner le déroulement de l'accouchement (pas de perfusion - on peut demander à la place une simple voie veineuse, pouvoir déambuler, choisir la position…) ou l'accueil du bébé (le laisser sur le ventre de la mère après sa naissance, ne pas couper le cordon tant qu'il bat…). Le plan Périnatalité 2005-2007 (M. Douste-Blasy) prévoit une visite spécifique lors du quatrième mois pour préparer un projet de suivi de grossesse et d'accouchement. Cette nouveauté (qui entraîne la suppression d'une séance de préparation à l'accouchement) se met progressivement en place.

           


Extrait de l'article de  Sophie Gamelin-Lavois paru dans le magazine Biocontact n°155 de Fev/06


 
   

Recommandations et liens


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Les soins liés à un accouchement normal

  Du bon usage du projet de naissance

Sophie Gamelin-Lavois | projet de naissance

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